Ma carrière de footballeur a commencé à Guidel, un petit village situé à une dizaine de kilomètres de Lorient. J'y ai joué durant 6 années, l'entraîneur était Jean-Yves Trehin, et je peux dire aujourd'hui que ces 6 années à la " Guideloise " ont été un pur plaisir. C'est avec une grande nostalgie que j'ai quitté mes copains de Guidel pour le club phare du département : le FC Lorient.
C'est dans ce club que mon véritable apprentissage du foot à commencé, 4 années à s'opposer aux meilleurs jeunes dans les championnats nationaux de minimes et cadets, ça permet d'une part, de se jauger et d'autre part, de se faire contacter par les centres de formation. C'est chose faite en juillet 1990 et c'est au Brest Armorique, à l'époque en 1ère division (avec entre autres Ginola, Lama, Martins, Guivarch, Makelele…) que j'entre officiellement dans le milieu professionnel, avec un contrat de 2 ans en tant qu'aspirant, plus 1 an en tant que stagiaire pro. C'est à cette période que les mots : " travail, concurrence, résultat et performance " vont prendre tout leur importance. Je vais connaître à cette époque une grosse désillusion, en effet, en décembre 1991, le club explose, dépôt de bilan, liquidation judiciaire, et cette phrase ; prononcée par le directeur du centre de formation Jean-Philippe Jambou : " voilà c'est fini vous rentrez chez vous ".
Nous avons entre 16 et 20 ans, la plupart ont mis les études entre parenthèses, nous sommes au beau milieu de la saison, c'est une véritable catastrophe. Evidemment, les meilleurs d'entre nous ont vite retrouvés un club mais ce ne fut pas mon cas.
Heureusement, le tandem Martin (Président) / Fouillen (Entraîneur) reprend le club en division 3 en Janvier 1992. Et là, avec une bande de potes nous le ferons monter le club en national.
Juin 1993, les nouveaux dirigeants du stade Brestois 29 ne veulent plus de moi, et c'est au stade Rennais que ma carrière se poursuit durant 2 ans. Mon bilan sportif de ces 2 années est très médiocre. Une participation minime (une douzaine de matchs) à la montée en D1, mais une montée quand même, et une deuxième saison en national 2. Et c'est tout à fait logiquement que mon contrat n'est pas renouvelé.
Au printemps 1995, j'envoie une cinquantaine de CV à tous les clubs de 1er et 2ème division. Seulement 3 clubs me répondront, Guengron et Laval négativement, et Châteauroux alors en 2ème division me propose un essai de 3 jours. Essai concluant puisque je signe un contrat de 3 ans. Durant cette période, je vais connaître un entraîneur : Victor Zvuncka qui va beaucoup m'apporter, entre autre que dans le foot, les dès ne sont jamais jetés d'avance et qu'il n'y a pas de place pour le hasard.
Pendant ces 3 saisons, nous allons alterner le bon et le moins bon. Une deuxième année ponctuée par une montée en 1ère division et un titre de champion de France de D2. Et une 3ème année en 1ère division qui aura laissé beaucoup de regrets puisque ce club qui compte encore beaucoup pour moi. Malheureusement à l'issue de cette saison, les dirigeants ne veulent plus de moi, me voilà donc à nouveau à la recherche d'un club.
Mon choix se portera sur Troyes, un club familial et ambitieux mais peu médiatisé pour des joueurs quasi inconnus qui veulent se relancer.
C'est le début d'une grande aventure. Une 1ère saison quasi parfaite soldée par une 3ème place et une nouvelle montée en 1ère division (la 3ème). Une deuxième année ou à la surprise générale nous allons réussir à nous maintenir et réaliser de très belles performances, je pense à notre victoire à Lyon 3 buts à 1 ou bien celle obtenu au stade de l'Aube contre le Champion de France en titre : les Girondins de Bordeaux.La saison 2000-2001 ne fait que confirmer notre ascension collective et individuelle. Les grosses cylindrées peuvent en témoigner. Beaucoup d'entre elles se sont cassées les dents dans notre chaudron à nous. Aujourd'hui la grande aventure avec l'Estac continu et je ne compte pas en rester là… (à suivre).
Si je devais tirer un 1er bilan (même si pour moi les bilans ne se font jamais au milieu d'une compétition ni au milieu d'une carrière) je dirais simplement qu'on ne m'a jamais tiré le tapis rouge, il a tout le temps fallu m'accrocher, travailler et me battre et c'est encore le cas aujourd'hui.
Que se soit en sport ou dans la vie, on a que ce que l'on mérite d'avoir.